La France, nouvel épicentre du tennis de table en Europe ?

Au fur et à mesure de la progression des joueurs français, les compétitions internationales organisées sur le territoire national n’ont cessé de se développer. Des Jeux Olympiques de Paris 2024 au WTT Champions de Montpellier en passant par diverses compétitions jeunes, la France est aujourd’hui une terre propice à l’accueil d’événements d’envergure, portée par la ferveur unique de son public et par la stratégie de développement mise en place par la FFTT. En 2026, deux WTT Feeder se tiendront à Lille et Hennebont, renforçant ainsi la place de la France sur la scène pongiste internationale. À la table comme dans les tribunes, le savoir-faire tricolore rayonne.

Si la France demeure une terre de ping depuis des années, l’essor de la discipline que connaît le pays actuellement est sans précédent. Dans les salles, les licenciés n’ont jamais été aussi nombreux, la discipline, jamais aussi suivie. Un nouvel élan, insufflé par la frénésie provoquée lors des Jeux Olympiques où deux médailles de bronze ont été remportées, une première dans l’histoire du ping tricolore.

Cette réussite sportive s’accompagne d’un suivi médiatique et populaire inédit, poussant la WTT, filiale commerciale de l’ITTF chargée de planifier le circuit international, à se tourner de plus en plus vers l’Hexagone pour l’organisation de ses compétitions. Historiquement, la France n’est pas novice dans l’accueil de grands rendez-vous, puisque, depuis 2000, trois coupes du monde, deux championnats du monde et un championnat d’Europe y ont été disputés.

 

@FFTT ( Championnats du monde Paris Bercy 2003) & (Coupe du Monde Disney 2018)

Consciente de la qualité des infrastructures françaises et de l’engouement suscité par le tennis de table, la WTT a entamé, depuis 2024, sa mission séduction avec le public tricolore. Principal exemple de cette volonté, le contrat de trois ans signé avec la FFTT, la ville de Montpellier et la région Occitanie pour l’organisation d’un WTT Champions à Montpellier en 2024, 2025 et 2026.

Steve Dainton, patron de la WTT, est tombé sous le charme de l’atmosphère dégagée par le public français lors des deux dernières éditions du Champions à Montpellier et « espère pouvoir continuer en France. À Montpellier ou ailleurs…» comme rapporté par le quotidien l’Équipe. Une véritable aubaine pour le ping tricolore, qui souhaite déployer sa stratégie événementielle en organisant de nouveaux événements d’envergure internationale. Une véritable stratégie de développement a ainsi été mise en place par la FFTT, dans le but de convaincre la WTT d’organiser plus de compétitions dans l’hexagone et ainsi valoriser davantage le tennis de table sur le territoire français.

S’installer durablement en France, telle est la vision conjointe des deux entités, comme confirmé par Christophe Legoût, directeur des compétitions à la FFTT et coordinateur fédéral du WTT Champions de Montpellier :  

« La WTT est consciente de l’engouement suscité par le tennis de table en France, la deuxième édition du Champions de Montpellier en est la preuve. Selon elle, il est le tournoi doté de la meilleure ambiance et du plus grand nombre de spectateurs (hors Chine). Cette passion nous pousse à nous réinventer, à progresser, pour rendre ce tournoi plus réussi qu’il ne l’a été lors des éditions précédentes. L’exigence est le maître mot, une vision partagée par la WTT et la FFTT.  Nous nous efforçons de travailler pour progresser et ainsi faire de chaque événement un rendez-vous à ne pas manquer ; la WTT nous fait confiance là-dessus ». 

 

@FFTT

En parallèle, FFTT et WTT poursuivent leur étroite collaboration avec l’apparition de deux nouvelles compétitions sur le territoire français en 2026 : les Feeder de Lille (27 au 31 janvier) et d’Hennebont (du 20 au 24 mai). Ces deux événements rejoignent le Champions de Montpellier et les Youth Star Contender et Youth Contender de Metz au calendrier WTT, faisant de la France l’un des pays européens les plus sollicités par l’organisation internationale en 2026. Sans oublier les compétitions à l’échelon européen, comme le top 10 jeunes à Tours en 2025, qui sera à nouveau organisé à Antibes en 2026.

« Nous avons accompagné et soutenu les candidatures de Lille et Hennebont pour l’organisation des deux Feeder prévus en 2026. Habituellement, une compétition de ce rang n’attire pas les foules mais depuis l’ouverture de la billetterie à Lille le 31 octobre, déjà plus de 5800 places ont été vendues, un total inédit pour un Feeder » précise Christophe Legoût.

Si la WTT souhaite s’implanter durablement en France, c’est aussi parce que les clubs en son sein souhaitent organiser des événements majeurs. Les deux institutions étant conscientes du potentiel événementiel que représente la France du ping, les discussions pour implanter de nouvelles compétitions sur son sol se sont avérées fluides. Plusieurs clubs français se sont proposés et les candidatures de Lille et Hennebont ont été retenues par la WTT .

Le GV Hennebont, institution emblématique du championnat de France de PRO, dotée de son Ping Center flambant neuf et Lille Métropole Tennis de Table, habituée à l’organisation de manifestations populaires comme son Masters organisé en 2021, semblent posséder toutes les compétences nécessaires pour briller dans l’organisation de ces deux nouveaux événements. Si la réussite est avérée, « la volonté est de renouveler l’expérience en 2027 et 2028 et pourquoi pas tendre dans le futur vers l’organisation d’une compétition de plus grande envergure. Organiser de tels événements anime les membres de notre club et c’est cette fibre événementielle qui nous pousse aujourd’hui à entreprendre ces choses-là. » précise Baptiste Latouche, président du LMTT. 

Billetterie WTT Feeder Lille

 

Pour réussir leur entrée dans la sphère WTT, Baptiste Latouche et son équipe seront accompagnés par EkoEvents, une agence événementielle ayant déjà fait ses preuves dans l’organisation de manifestations sportives dans la région puisqu’elle a coordonné la gestion de la fanzone de Lille pendant les Jeux Olympiques 2024. Même si le timing a été court, organiser « un tournoi bas de gamme n’est pas dans nos plans » assure-t-il, confortant ainsi l’intention du club de faire de son Feeder une franche réussite. Les joueurs ne s’y sont pas trompés : avec 11 top 100 chez les messieurs et 10 chez les dames, le plateau du Feeder de Lille sera plus relevé que la moyenne des Feeder, et ce ne seront pas moins de 17 français et 13 françaises qui tenteront de briller devant leur public.

De son côté, Bruno Abraham, président du GV Hennebont, s’inscrit dans une démarche légèrement différente de celle véhiculée par son homologue lillois. Il souhaite « participer au nouvel élan populaire généré par la discipline lors des dernières années afin de la faire perdurer dans le temps, en s’appuyant sur le Ping Center, édifier en partie pour rayonner à l’international ». Grâce à cette nouvelle infrastructure, inaugurée en 2022, et un savoir-faire organisationnel acquis depuis plusieurs années grâce au championnat PRO et à la coupe d’Europe, le club breton possède toutes les cartes en main pour faire de son Feeder l’un des plus réussis du calendrier WTT.

 

@Hennebont GV

En parallèle, la FFTT continue d’entretenir ses bonnes relations avec l’ETTU, en témoigne l’organisation réussie du dernier top 10 jeunes à Tours en 2025, expérience qui sera renouvelée à Antibes en octobre 2026.

La France se découvre un attrait prononcé pour le tennis de table, portée par un public toujours plus passionné par ses esthètes de la petite balle blanche. Aujourd’hui, une volonté tripartite de développer la culture événementielle autour du ping entre la WTT, la FFTT et les clubs voit le jour. L’objectif désormais ? Durer dans le temps et permettre au tennis de table tricolore de continuer sa formidable expansion, ininterrompue depuis le début de la décennie.

Par Rémy Larquetoux